Tout le programme de Français en première

Le roman est un genre littéraire particulièrement difficile à cerner. Jusqu’au Xxe siècle, les grands noms du roman étaient alors Balzac, Diderot ou encore François Rabelais. Mais certains romanciers du XXe siècle ont pris le parti, dans leurs œuvres, de rompre avec les conventions romanesques habituelles, et de « déconstruire » le genre romanesque.

Toutes ses œuvres du début du Xxe siècle, chacune à leur façon, mettent en cause les grands traits du genre romanesque : la psychologie des personnages, la notion de héros, la narration linéaire, etc. Chez Musil ou Céline, par exemple, le héros n’est plus cet être hors du commun, choisi par le destin, ou dont les épreuves forgent le caractère. Il est sans consistance, sans histoire (« sans qualités »), et sa vie n’est constituée que de fragments dissociés, privés de sens.

Au début des années 1950, un petit groupe d’écrivains français remet en cause de façon plus radicale les principes qui fondent le roman réaliste traditionnel. Ils se nomment Nathalie Sarraute, Alain Robbe-Grillet, Claude Simon, Michel Butor, Marguerite Duras, etc. Ils appartiennent à la mouvance du « Nouveau Roman » qui constitue peut-être la plus grande crise que le roman ait connue. Le Nouveau Roman, sans parvenir à supplanter le roman traditionnel, propose ainsi à des lecteurs curieux des narrations insolites où la force du langage et de l’imaginaire perturbent nos repères et modifient notre vision du monde.

Autre mise en cause du roman, l’OuLiPo (OUvroir de LIttérature POtentielle) est un mouvement créé en 1960 par Raymond Queneau et François Le Lionnais. Leur objectif est d’explorer méthodiquement les potentialités de la langue française et de la littérature. L’une de leurs méthodes consiste ainsi à se donner des contraintes formelles très fortes, comme par exemple rédiger un récit complet sans utiliser la lettre e (c’est le cas dans la Disparition de Georges Perec). De même, Queneau construit le roman les Fleurs bleues sur un schéma mathématique : divisé en quatre séquences par bonds de 175 ans, le roman s’achève en 1964 qui est le moment de l’écriture. L’auteur est alors contraint par son propre schéma à prendre en compte les événements qui se sont produits en 1264, 1439, 1614, 1789 et 1964. Tel est l’un des principes de l’OuLiPo : c’est la forme choisie qui construit le récit.

 



Créer un Blog | Nouveaux blogs | Top Tags | 15 articles | blog Gratuit | Abus?